Exclusif: Interview de Nathalie Martinage, 2e partie

Publié le par Essonnien

Après être revenue la semaine dernière sur son rôle en tant que maire-adjointe chargée du développement durable, Nathalie Martinage nous confie cette semaine les raisons de son engagement politique dans la vie Etampoise ainsi que celles qui l'ont poussé à démissionner. Un éclairage instructif sur le fonctionnement de la majorité municipale à Etampes.

 

Essonnien: Pourriez vous nous décrire votre "background" politique ?

 

Nathalie Martinage: Je suis de la société civile et la politique m' a intéressée très tardivement. Je n'ai jamais été ni militante ni encartée en revanche mon père a fait parti des premiers membres du RPR dans les années 70. J'ai vécu dans le sillage pendant 20 ans d'une Maire-adjointe à la jeunesse de Michel-Maurice Bokanoswki à Asnières ce qui m'a sans doute imprégnée de cette ambiance au sens strict s'occuper de la cité.

 

E: Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à faire partie de la liste "A vos côtés pour Etampes" en 2008 ? 

 

NM: J'ai fait parti de cette liste au début un peu par hasard suite à une invitation à une réunion sur les municipales et comme pour moi la politique = penser et agir et que Franck Marlin me paraissait un homme digne de confiance, cela s'est imposé. Je pensais que mon coté cérébral allait bien s'allier avec sa profession de foi d'autant que j'ai toujours voté pour lui.

 

E: Comment s'est déroulée la campagne et quelles étaient les relations avec les autres membres de la liste ?

 

NM: L'ambiance était excellente entre nous, nous suivions le maire dans les différentes réunions de quartiers, ou tenions la permanence prenant les questions des Étampois pour les faire remonter. Nous avons créé des liens amicaux pendant cette période.

 

E: Y'a-t-il eu une dégradation des relations et de l'ambiance au sein de l'équipe majoritaire après l'élection ?

 

NM: Personnellement j'ai ressenti une tension à l'annonce de la liste entre ceux qui pourrait être adjoints et ceux qui seraient conseillers; moi je pensais être conseillère et on m'avait tellement dit que ma situation personnelle et professionnelle était incompatible avec une délégation que j'en étais restée là. Il y avait les anciens avec qui j'ai eu des relations cordiales et les nouveaux... On peut dire que l'ambiance a changé sans dire qu'elle s'est réellement dégradée car chacun faisait son travail et les liens étaient totalement différents du temps de la campagne.

 

E: Pour quelles raisons avez-vous démissionné ? Cette décision a-t-elle été un dilemme pour vous ?

 

NM: Pour moi la politique c'est participer à la vie de la cité. C'est penser et agir et non pas promouvoir en bout de chaine. Certes le maire a retenu certaines de mes propositions mais je ne me suis pas adaptée à une administration extrêmement performante mais aussi très puissante. Ma démission est liée à cela, même si j'ai totalement intégré que l'entité territoriale était bicéphale, il m'a été difficile d'admettre que même informée des projets je ne sois pas davantage intégrée à la source.

 

Parfois c'est normal les choses existaient avant ce mandat, parfois les projets étaient complexes et techniques donc trop lourds pour des élus trop peu qualifiés (dans des domaines hyper spécifiques) et qui donc se reposent sur les techniciens et donc au final soit les projets auxquels il me semblait participer étaient réels mais minimalistes soit déjà faits.

 

Pour autant je travaillais très bien avec mon service mais j'ai ressentie une grande frustration. Ne trouvant pas de solution à mon problème j'ai fait part au maire de ma difficulté et l'ai averti dans la foulée que je souhaitais partir. Il n'y a pas eu de dilemme. Il y a eu un choix réfléchi en accord avec avec celle que je suis, avec moi-même. C'était à moi de partir ....

 

E: Quelle conclusion tirez-vous de votre expérience en tant que femme en politique ?

 

NM: J'ai fréquenté les salles de gardes, connu les visites de patron avec jupe obligatoire mais il y avait toujours une règle qui permettait le respect quand bien même le machisme était fort. En politique j'ai connu la vraie misogynie. Pas de tous, mais pour ceux-là, la loi sur la parité est indispensable.

 

E: Croyez-vous que l'on vous en veuille ?

 

NM: Ainsi va la politique... peut-être le maire et mes collègues sont-ils en colère mais ils sont totalement en capacité de réagir à mon départ. La seule personne que l'on ne doit jamais trahir c'est soi. J'ai toujours été très directe avec le maire et lui ai avoué que s'il gardait ma confiance, sa méthode de travail m'était impossible.

 

E: Vous soulignez la puissance de l'administration pour justifier ce départ. Pensez-vous que celle-ci aille jusqu'à dépasser ses prérogatives techniques en passant par dessus les élus sur les choix à faire et pour lesquels la population les a choisi ?

 

NM: Cette question est délicate, le chef à bord est le maire il commande afin de réaliser ce pourquoi il a été élu et a formé son équipe en fonction et je n'ai pas d'expérience antérieure. L'administration est un conseiller technique qui fait des bilans de faisabilité et réalise à la demande des élus les projets.  Ce que j'ai ressenti n'est peut-être pas le cas des autres élus, quant aux prérogatives des administratifs si elles avaient été dépassées le maire aurait sans doute réagi. J'ai été informée mais pas selon mes souhait.

 

E: Finalement, regrettez-vous d'avoir participé à ce mandat ?

 

NM: En aucune façon. Il est très intéressant d'être dans l'oeil du cyclone, de voir comment ça marche et de se faire une idée de comment travailler transversalement en équipe puis avec l'opposition tout en restant dans la majorité, les débats sont fascinants.

 

E: Votre démission signifie-t-elle que vous abandonnez toute présence sur la scène publique étampoise ?

 

NM: Ma démission signifie que j'abandonne mon mandat d'élue à Etampes jamais la politique en général ni mes combats.

 

E: Votre lettre de démission ayant été envoyée avant le conseil municipal du 7 avril (celui au cours duquel le budget a été voté), n'avez vous pas pensé à ne pas donner de pouvoir de vote ? Ou les pouvoirs sont-ils faits préalablement par les conseillers municipaux ?

 

NM: La question du pouvoir ne m'a pas réellement préoccupée, j'ai en effet signé par prudence un pouvoir d'avance en cas d'impossibilité pour faciliter les choses vers le début du mandat et pour votre autre question, à partir du moment où j'ai écrit au Préfet le 27/03/10 j'ai considéré que je ne faisais plus parti de la mairie, je n'ai pas signé de pouvoir pour les réunions postérieures au 27/03/10 d'après mes souvenirs.

 

E: Savez-vous de quelle manière vous allez poursuivre votre engagement auprès des Etampois ?

 

NM: Il est difficile d'être force de propositions quand on n'appartient pas à un "groupe" ou une entité reconnue. Il est évident que je ne vais pas me lancer en disant "coucou vous vous souvenez de moi?" Par contre il est clair que je continue de lire sur le Développement Durable, la politique locale et nationale et évidemment quand on me connait les droits de la femme et des enfants sont des combats que je porterai jusqu'au bout.

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Publié dans Politique

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